Mis à jour le 5 avril 2026

Hitsuke Fumei Jidai – 日付不明時代, « Période inconnue », – Article 47
Bienvenue amis lecteurs, dans un voyage fascinant au cœur de la mythologie, des légendes et de l’histoire du japon.
Plongeons ensemble dans ce quarante-septième article, où nous allons aborder l’étude de Hitsuke Fumei Jidai – 日付不明時代, « Ères inconnues », 1ère période de l’Asuka Jidai – 飛鳥時代, 2ème ère majeure du Yamato Jidai – 大和時代, « Grande harmonie », troisième ère du Nengō – 年号, « Désignation des ères traditionnelles ».
Nous avons pu explorer précédemment la mythologie Shintō, ainsi que les deux premières ères Nengō, le Jōmon Jidai – 縄文時代, le Yayoi Jidai – 弥生時代. Nous avions également pu explorer la première ère majeure du Yamato Jidai, appelée Kofun Jidai – 古墳時代, tout en ayant précédemment un aperçu de la seconde ère majeure Asuka Jidai. Je vous invite également à consulter l’ensemble des précédents articles afin de mieux vous familiariser avec l’étude de l’ère de ce jour.

La première période de l’ère Asuka Jidai – 飛鳥時代, ne possède pas d’ère Mineure officielle entre le règne du Senka Tennō – 宣化天皇, « De 536 à 539 », au Kōgyoku Tennō – 皇極天皇, « De 642 à 645 », marquant néanmoins le début de la 2ème ère majeure du Yamato Jidai.
Cette période couvre de 538 à 645 après J.C pour une durée de 107 ans. Elle suit l’ère majeure Kofun Jidai – 古墳時代, « Vieille tombe », et est suivie par l’ère Mineure Taika Jidai – 大化時代, « De 645 à 650 ».
Hitsuke Fumei Jidai – 日付不明, signifie littéralement « Période inconnue », venant de Hi – 日 « Jour », Tsuke – 付, « Liés », Fu – 不, « Non » et Mei – 明, « Précis », donnant alors le sens de dates non précises ou périodes inconnues dans un sens large.
Cette période débute avec le règne du Senka Tennō – 宣化天皇, « De 536 à 539 », lorsque le roi Seong de Baekje, « De 504 ou 523 à 554 », ou roi Seiō – 聖王, en japonais, aurait apporté une statue de Bouddha au Tennō, servant alors de date officielle pour l’introduction du Bouddhisme dit Bukkyō – 仏教, sur l’archipel, bien que déjà présent depuis des années de manière officieuse.
Selon le Gangōji Garan Engi Narabi ni Ruki Shizaichō – 元興寺伽藍縁起并流記資財帳, « Origine et patrimoine du monastère de Gangōji », écrit par un moine anonyme en 747, fut le texte originel de l’histoire du Bouddhisme au Japon, énumérant l’introduction du Bukkyō, par le don de statut et d’image de Bouddha ainsi que de nombreux Kyō – 経, « Sutra », offert par le roi de Corée du royaume de Baekje.
Le royaume de Baekje, l’une des régions des trois royaumes de Corée, dit Sangoku – 三国, « Trois royaumes »,sera connu plus tard sous le nom de Kudara – 百済, « Traduction phonétique de Baekje », trouvant sa transcription lors de l’arrivé de Konikishi Zenkō – 百済王禅光, (De 617 à 700), fils du dernier roi du royaume de Baekje et fondateur du clan Kudara – 百済氏.

Le Bukkyō apporte une nouvelle religion sur l’archipel nipponne, qui représente la norme pour être reconnue comme une nation à part entière par les royaumes du continent asiatique. L’adoption du Bouddhisme par le japon fut donc une obligation, afin de se moderniser et acquérir un nouveau degré de sophistication, apportant notamment l’écriture chinoise nommée alors Kanji – 漢字, « Caractère Han », qui mènera à l’élaboration de l’écriture japonaise. Le Bouddhisme et sa reconnaissance comme religions d’État en 587, sous le règne du Sushun Tennō – 崇峻天皇, (De 587 à 592), rapproche le symbolisme du rang de l’empereur et de sa famille à un rang divin, affirmé par une affiliation aux Kami dans le Shintō, confortant dès lors le pouvoir du trône comme étant indiscutable. Les grandes familles, clan et membre aristocratique ne tarderont pas à faire de même au cours du temps afin d’affirmer un lien avec les Kami.
Cette nouvelle religion vient ainsi concurrencer le Shintō et amène un schisme et une lutte d’influence entre les partisans du bouddhisme, comme le clan Soga – 蘇我氏, et des traditionalistes shintoïstes, comme les clans Ōtomo – 大伴氏, Mononobe – 物部氏, et Nakatomi – 中臣氏.
Sous le règne de l’impératrice Suiko – 推古天皇 et par la grande influence du prince Umayado – 厩戸皇子, également connu sous le nom de Prince Shōtoku – 聖徳太子, de nombreux éléments de la culture chinoise ainsi que le bouddhisme sont implanté au japon qui mèneront à la promulgation de la Jūshichijō Kenpō – 十七条憲法, « Constitution en 17 articles » en 604, guide permettant aux fonctionnaires d’avoir une ligne de conduite dans la gouvernance du pays.
Cette constitution sera une philosophie de gouvernance, basée sur la pensée confucéenne, dite Jukyō – 儒教, « Enseignement de Confucius ». La cour serait ainsi divisée en 12 rangs, 6 mineurs et 6 majeurs répondant tous aux 5 Toku – 徳, « Vertus essentielles », dit Gorin – 五倫, « Les cinq principes de piété filiale », suivant ainsi la pensée confucéenne :
- Nin – 仁, « La bienfaisance », la vertu morale devant guider les actions humaines et relations sociales.
- Rei – 禮, « L’étiquette », le respect des normes sociales et cérémonies maintenant l’ordre et l’harmonie.
- Shin – 信, « L’honnêteté », la confiance mutuelle dans les relations personnelle et sociale.
- Gi – 義, « L’équité », L’engagement de faire ce qui est moralement correct
- Chi – 智, « La sagesse », l’importance de l’apprentissage et compréhension dans la prise de décision
Cette constitution mènera plus tard à la mise en place du Ritsuryō – 律令, « Code administratif », notamment du Taihō Ritsuryō – 大宝律令, « Grand trésor du code administratif », en 703. Ce dernier se basant sur le modèle de la dynastie Tang ou Tō – 唐, en japonais, et amenant une structure à l’administration publique, permettant de consolider le pouvoir impérial.
Chaque courtisan possède ainsi des parures propres à leur rang avec des couleurs et habits propres à leur fonction, et n’est plus basé par un système hiérarchique seulement par filiation, mais par méritocratie.
Le Bouddhisme permet à la classe supérieure et notamment à l’élite de changer ses relations avec le peuple. Les rites funéraires changent drastiquement, passant d’enterrement pour le Shintō à la crémation pour le bouddhisme, bien que des tombes subsistent partiellement.
Les Haniwa – 埴輪, « Cylindres de terre cuite », disparaissent et de nombreux éléments laissent suggérer que la population été dorénavant mobilisé pour la construction des tumulus ou des préparatifs, marquant également l’occupation d’une seules personnes ou groupe pour les nouveaux rituels prenant alors la place des rituels anciens.
L’art bouddhique se développe vite, et dès 624, on recense environ 46 monastères, dont le plus ancien serait celui d’Asuka Dera – 飛鳥寺, également appelé Hōkō Ji – 飛鳥寺, situé dans la ville d’Asuka – 明日香村. On peut ainsi compter par la suite les temples tel que le Shi Tennō Ji – 四天王寺, dans la ville d’Ōsaka – 大阪市, le Hōryu Ji – 法隆寺, et le Hokki Ji – 斑鳩町, dans la ville d’Ikaruga – 斑鳩町, ou encore le Yasushi Ji – 薬師寺, dans la ville de Nara – 奈良市.
L’émergence du Bouddhisme, ainsi que d’autres innovations venant du continent amènent sur l’archipel, une technologie plus développée dans la métallurgie, de la laque, des peintures et objets rituels novateurs. On trouve également des spécialistes de la médecine, de la divination et des calendriers, venus de la Corée et surtout des érudits dans l’écriture chinoise jusque-là encore peu usitée.
Le Japon commence ainsi à être reconnu par les autres grandes nations et rentre officiellement dans l’histoire. Afin de marquer cette nouvelle ère, les premiers palais officiels sont érigés à Asuka dans la préfecture de Nara, déjà sous le règne du Tennō Ingyō – 允恭天皇.
L’architecture s’inspire du style chinois, notamment pour les temples bouddhiques. La céramique évolue également en utilisant dès lors le Grès de couleur grise et sans revêtement, inédit sur l’archipel. Ainsi débute l’intérêt des Japonais pour cette nouvelle matière apportant de nouvelles formes et étant au cœur de la céramique japonaise.
Les enceintes, murs et fossés enfermaient en un seul espace le secteur résidentiel de l’élite, des subalternes, des espaces pour les rituels, de la production et des réserves. La taille des palais augmentant en fonction des besoins. Par la suite comme le montre le palais Oharida – 小墾田宮, construit en 603 sous le règne de la souveraine Suilo – 推古天皇, (De 593 à 629) et selon le Nihon Shoki, on y trouve les traces d’une division en 2 secteurs. Un secteur pour la caste souveraine ; avec le bâtiment principal à l’accès limité et privé, et un second secteur ouvert et public usité par l’élite aristocratique.

Des conflits débutent après mort du Tennō Bidatsu – 敏達天皇 (De 572 à 585), qui avait alors adopté la doctrine bouddhiste. Ainsi, le clan Mononobe brûlait de nombreux temple bouddhiste ;symbole d’une religion étrange, à mesure que le clan Soga les érigeait, ces derniers voulant mettre fin aux pratiques anciennes jugées comme barbares et d’un autre temps.
En 587, lors de la bataille de Shigisan – 信貴山, près du mont Shigi – 信貴山, appelé également Teibi no Ran – 丁未の乱, « La Rébellion de Tei Mi », le chef de clan Mononobe no Moriya – 物部 守屋, est tué par le chef de clan Soga no Umako – 蘇我 馬子, marquant la fin de la guerre, ainsi que de celle du clan Mononobe. Le clan Soga commence alors son ascension dans le pouvoir, assassinant le Tennō Sushun – 崇峻天皇, (De 587 à 593), et plaçant l’impératrice Suiko – 推古天皇, (De 593 à 629), sur le trône, jugée par son oncle Soga no Umako comme plus manipulable que son prédécesseur.
Son neveu, le prince Shōtoku, régent du trône dès 593 sous le règne de sa mère la 1ère impératrice, le Tennō Suiko – 推古天皇, fonde peu après la ville de Naniwa – 難波京, qui sera plus tard connu sous le nom d’Ōsaka – 大阪市. Il y fera construire le temple Shi Tennō Ji , cela afin de remercier le clan Soga de son soutien l’ayant permis d’être au pouvoir. Bien que favorisant le Bouddhisme et prenant pour modèle le système gouvernemental chinois de la dynastie Sui, sa tentative de centraliser le pouvoir avec la constitution du Jūshichijō Kenpō sera dans un premier temps un échec.
Le règne du Tennō Suiko fera de nombreuses réformes légales de lois menant plus tard au Ritsuryō – 律令, « Code administratif », afin d’aligner le Japon avec le système de régence chinoise de la dynastie Sui – 隋朝, (De 581 à 618), puis de la dynastie Tang –唐朝 (De 618 à 690).
Afin de marquer les rangs hiérarchiques, le Tennō Suiko instaurera le Kan I Jūni Kai – 冠位十二階, « Le système des douze rangs de coiffes », un système de coiffes en soie ornées d’or, d’argent et de plumes permettant visuellement de savoir le rang hiérarchique d’une personne. Ainsi apparaissant par ordre d’importance :
- Daitoku – 大徳, « Grande Vertu », symbolisé par le violet :
- Shōtoku – 小徳, « Petite Vertu », », symbolisé par le rose :
- Daijin – 大仁, « Grande Bonté » », symbolisé par le bleu foncé :
- Shōjin – 小仁, « Petite Bonté » », symbolisé par le bleu :
- Dairei – 大礼, « Grande Propriété » », symbolisé par le rouge ;
- Shōrei – 小礼, « Petite Propriété » », symbolisé par l’orange ;
- Daishin – 大信, « Grande Sincérité » », symbolisé par le jaune foncé ;
- Shōshin – 小信, « Petite Sincérité » », symbolisé par le jaune clair ;
- Daigi – 大義, « Grande Justice » », symbolisé par le blanc crème ;
- Shōgi – 小義, « Petite Justice » », symbolisé par le blanc ;
- Daichi – 大智, « Grande Sagesse » », symbolisé par le noir ;
- Shōchi – 小智, « Petite Sagesse » », symbolisé par le gris foncé ;
Ces rangs pouvaient être atteints par l’héritage, après la réalisation individuelle ou par le mérite, suivants dans chaque cas, les préceptes confucéens.
En 645 intervient l’Isshi no Hen – 乙巳の変, « L’incident d’Isshi », le futur Tenji Tennō – 天智天皇, « De 661 à 672 » ; seulement connu durant cette période comme le prince Naka no Ōe – 中大兄皇子, dirige un complot contre le clan Soga et assassine son chef, Soga no Iruka – 蘇我入鹿. Ce dernier était un noble de la cour et était coupable d’avoir installé sur le trône le Tennō Kōgyoku – 皇極天皇, (De 642 à 645), mère de Tenji, et également la veuve du précédent empereur, le Tennō Jomei – 舒明天皇, (De 629 à 642). Cette lutte opposera dès lors le clan Soga, contre le clan Mononobe – 物部氏 et Nakatomi – 中臣氏.
En apprenant la mort de Soga no Iruka, son père Soga no Emishi – 蘇我 蝦夷, se suicidera le lendemain, mettant fin à la branche principale du clan Soga.
La période Hitsuke Fumei, se termine lorsque l’impératrice Kōgyoku cède son trône à son frère le Tennō Kōtoku – 孝徳天皇, en 645 amorçant l’ère Taika Jidai – 大化時代, (De 645 à 650).

Ainsi se termine le quarante-septième article qui apporte une présentation un peu plus longue que les précédents articles, mais étant nécessaire pour énoncer les événements majeures ayant été introduit sur l’archipel nippon.
Cette période, sans nom marquant le début de la deuxième ère majeure de l’ère traditionnelle Yamato, apporte les éléments nécessaires pour que le Japon devienne une véritable nation. On peut ainsi noter l’apparition du Bouddhisme, d’une reconnaissance du pouvoir de la famille Yamato comme officiel dirigeant du pays de Wa, des prémices d’une base légale et surtout de l’apparition de l’écriture.
L’ensemble de ces éléments seront alors améliorés avec le temps et permettront au Japon de tendre vers la modernité tout en gardant les coutumes du passé, gagnant petit à petit une identité propre qui fera sa force et contribuera à sa notoriété de grande nation.
Dans les prochains articles, nous explorerons ensemble les différentes ères durant la période Asuka ainsi que de l’histoire des nombreux Tennō ayant régné durant cette période, dans l’optique d’apporter toujours plus d’information sur l’histoire fascinante du pays du soleil levant.
Merci pour votre attention et prenez soin de vous, Mata Ne – またね.
Source :
- Kojiki – 古事記;
- Nihon shoki – 日本書紀;
- Wikipedia (FR, ENG, DE et JP);
- Histoire Japon – Percée;
- Nouvelle histoire du Japon – Pierre-François Souyri;
- Le shinto, la source de l’esprit japonais – Emiko KIEFFER;
- Shinto, Sagesse et Pratique – Motohisa YAMAKAGE;
- Japanese History, 11 experts reflect on the past – Bilingual books
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