Mis à jour le 26 juin 2026

Ingyō Tennō – 允恭天皇, « 19ème Empereur du Japon » – Article 61
Bienvenue amis lecteurs, dans un voyage fascinant au cœur de la mythologie et des légendes japonaises.
Plongeons ensemble dans ce Soixante et unième article, où nous allons continuer l’étude de l’histoire des Tennō – 天皇, « Empereur du ciel », titre actuel de l’empereur du pays du soleil levant.
Afin de bien comprendre la situation de l’histoire du Tennō de cet article, je vous invite à consulter l’histoire des précédents empereurs en commençant par l’article 22 – Tennō – 天皇, « Empereur du ciel ».
Nous avions pu voir précédemment l’histoire de Hanzei Tennō – 反正天皇, « 18ème Empereur du Japon », passons dès lors à l’étude de celle de son successeur, Ingyō Tennō – 允恭天皇, « 19ème Empereur du Japon ».

Précédemment, nous avions pu étudier la vie du précédent empereur et dix-huitième porteur du titre, Hanzei Tennō – 反正天皇, « Retour de la stabilité », qui régna de 406 à 410, occupant le trône pendant près de 4 ans durant l’ère Yamato – 大和, (De 250 à 710),et mourut en l’an 410 à l’âge de 60 ans.
Son successeur sera alors connu sous le nom d’Ingyō Tennō – 允恭天皇, « Juste et respectueux », et règnera de 412 après J.C à 453 après J.C, occupant ainsi le trône près de 41 ans.
Le nom d’origine d’Ingyō était , Oasazuma Wakugo – 男浅津間若子宿禰命, ou encore Oasatsuma Wakugo no Sukune – 雄朝津間稚子宿禰尊, son père était le Tennō Nintoku – 仁徳天皇, et sa mère était Iwa no Hime – 磐之媛命, il était également le frère du Tennō Richū – 履中天皇, (De 400 à 405), et du Tennō Hanzei.


Nous avons quelques informations concernant la passation de pouvoir de Hanzei vers Ingyō, le précédent Tennō n’ayant pas nommé d’héritier, l’Ōomi –大臣, « Grand ministre », ou autres Uji no Kami – 氏上, « Chef de clan », aurait alors statué en faveur d’Oasatsuma Wakugo no Sukune – 雄朝津間稚子宿禰尊, le jugeant comme légitime pour être le nouveau Tennō.
Ainsi à la mort de son frère, Ingyō devint le nouveau Tennō, il n’y aura néanmoins pas de fait majeur relatif à son règne mais aurait eu une régence paisible. Il serait l’un des cinq Wa no Go Ō – 倭の五王, « Les cinq roi de Wa », et serait connu sous le nom de Wa Sai ou Wa Sei – 倭済, selon le livre de Liang, également appelé Ryōsho – 梁書 et écrit en 635.
Bien que jugé comme légitime, Ingyō refusa dans un premier temps le titre car souffrant d’une paralysie et se considérant comme malchanceux. Il acceptera finalement le trône au bout de deux ans encouragé par sa concubine et future femme Oshisaka no Ōnakatsu Hime – 忍坂大中姫.
Une mention dans le Nihon Shoki – 日本書紀, parle d’un médecin venu de Silla – 新羅, en Corée (Nommé à l’époque Sangoku – 三国, « Trois royaume », composé de Silla – 新羅, au Sud-est, de Baekje – 百済, au Sud-Ouest, et de Goguryeo – 高句麗, au Nord de l’actuelle Corée), ce dernier aurait permis la guérison du Tennō, .
Faisant suite ‘la réforme Taika – 高麗王仁番比等, Ingyō mettra à jour le Shisei Seido – 氏姓制度, « Système des clans et des titres », notamment pour les titres suivants :
- Uji – 氏, « Clan », ce titre représentait les grandes lignées ou familles et marquant le plus souvent une ascendance commune, ayant un rôle central pour l’administration ou pour les rites religieux.
- Kabane – 姓, «Titre et rang», ce titre était honorifique et attribué aux Uji, permettant d’indiquer leur fonction et statut comprenant les principaux titres suivants :
- Omi – 臣, titre réservé aux clans influent et très proche de la famille impériale. Tel le clan Soga – 蘇我氏, gérant l’administration et politique.
- Muraji – 連, titre attribué aux clans ayant des fonctions religieuses ou militaire puissant. Tel le clan Mononobe – 物部氏, gérant l’aspect militaire et religieux.
- Kimi – 君, titre utilisé par des chefs de clans de certaines régions. Tel le clan Kibi – 吉備氏, assurant la gouvernance de la région de Kibi – 吉備地方, dans l’ouest du Honshū – 本州.
- Atai – 直, titre de rang inférieur relatif à des clans locaux. Tel le clan Haji – 土師氏, s’occupant de l’artisanat et rites funéraires.
Une réforme des titres et fonction fut fait afin de corriger les abus perpétrait par certaine famille, utilisant des titres sans les avoir mérités et de démasquer les menteurs. Ingyō aurait alors convié les clans sur la colline Amakashi no Oka – 甘樫丘, près du village Asuka – 明日香村, dans la préfecture de Nara – 奈良県, procédant à un Shinmei Saiban – 神明裁判, « Jugement divin ». Le jugement choisi fut l’Ukei no Sagiyu – 盟神探湯, « Jugement par l’épreuve de l’eau bouillant », et supervisé par des prêtes permettant de prouver l’innocence ou culpabilité des personnes jugées, leurs mains étant plongées dans de l’eau chaude et devant sortir sans blessures graves. Avant d’effectuer le rituel, il était dit que ceux qui avait falsifié leur nom ou titre seraient brulés, inspirant ainsi la peur chez les coupable et favorisant leur confession. Par la suite Ingyō fit juré aux autres clan que leur nom était bien le vrai assurant une fidélité chez ces derniers envers le Tennō.
On ressence également un tremblement de terre dans la région de Yamato vers 416 mais sans information permettant de définir l’ampleur des dégâts.
Vers la septième année de son règne, Ingyō tomba amoureux de la sœur de sa femme, nommé Kintsuro Hime – 金鶴媛, et le Tennō tenta même d’en faire sa nouvelle épouse mais titre et rôle que cette dernière refusa. Ils continuèrent tout de même de se voir, Kintsuro ayant élu domicile dans le palais de Chinu no Miya – 智努王, dans la préfecture d’Ōsaka – 大阪府. Cette relation connue du Kōgō – 皇后, cela créa une tension dans le couple impérial.
Une autre affaire de cœur eut lieu durant le règne Ingyō, entre le prince héritier Kinashi no Karu no Miko – 木梨軽皇子, premier fils d’Ingyō et sa jeune sœur la princesse Karu no Ōiratsume – 軽大娘皇女, deuxième fille du Tennō . Cette relation incestueuses fit perdre à Kinashi son statut de prince héritier à la mort d’Ingyō.
Karu, aurait été tuée sur ordre du prince Anaho – 穴穂皇子, nouveau prince héritier à la mort de son père et avant de devenir le nouveau Tennō. Le prince Kinashi se serait suicidé peu de temps après. Ces deux mort permettant également d’éviter toute contestation de légitimité au trône d’Anaho.

Ingyō se serait marié avec Oshisaka no Ōnakatsu Hime – 忍坂大中姫, fille de Wakanuke Futamata no Miko – 稚野毛二派皇子, et petite fille du Tennō Ōjin – 応神天皇, (15ème empereur, régnant de 270 à 310),devenant ainsi Kōgō – 皇后, du Tennō.
Ensemble, ils auront 9 enfants, le prince Kinashi no Karu – 木梨軽皇子, la princesse Nagata no Ōiratsume – 名形大娘皇女, le prince Sakai no Kurohiko – 境黒彦皇子, le prince Anaho – 穴穂皇子, plus tard connu sous le titre de Tennō Ankō – 安康天皇, (De 453 à 456), la princesse Karu no Ōiratsume – 軽大娘皇女, le prince Yatsuri no Shirahiko – 八釣白彦皇子, le prince Ōhatuse no Wakatakeru – 大泊瀬稚武皇子, plus tard connu sous le titre de Tennō Yūryaku – 雄略天皇, (De 456 à 479), la princesse Tajima no Tachibana no Ōiratsume – 但馬橘大娘皇女, et la princesse Sakami – 酒見皇女.
Selon les sources, il aurait pris comme concubine la sœur d’Oshisaka, la princesse Oto Hime – 弟姫, également connue sous le nom de Sotōri Hime – 衣通姫, mais qui dans le cas de cette dernière serait une fille d’Ingyō.
Ingyō Tennō régna jusqu’en 453 après J.C, mourant à l’âge de 80 ans et a été enterré dans le mausolée de Ega no Naganu no Kita no Misasagi – 恵我長野北陵, à Osaka – 大阪市.
Il laissera son trône à son fils le prince Anaho – 穴穂皇子, connu dès lors sous le titre de Ankō Tennō – 安康天皇, (20ème empereur, régnant de 453 à 456).

Ainsi se termine le soixante et unième article qui apporte des informations sur le Tennō Ingyō, dix-neuvième Tennō, amenant les quelques informations à notre disposition sur son règne ayant surtout été marqué par une mise à jour du système Shisei Seido – 氏姓制度, « Système des clans et des titres », et ponctué par des affaires d’amour au sein de la famille impériale.
Les prochains articles apporteront alors des détails sur les Tennō et ères suivants et des événements leur étant liés, cela dans l’optique d’apporter toujours plus d’information sur l’histoire fascinante du pays du soleil levant.
Merci pour votre attention et prenez soin de vous, Mata Ne – またね.
Source :
- Kojiki – 古事記;
- Nihon shoki – 日本書紀;
- Wikipedia (FR, ENG, DE et JP);
- Histoire Japon – Percée;
- Nouvelle histoire du Japon – Pierre-François Souyri;
- Le shinto, la source de l’esprit japonais – Emiko KIEFFER;
- Shinto, Sagesse et Pratique – Motohisa YAMAKAGE;
- Japanese History, 11 experts reflect on the past – Bilingual books
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