Mis à jour le 1 juin 2026

Kōki Haishi Jidai – 後期廃止時代, « Abolition tardive » – Article 53
Bienvenue amis lecteurs, dans un voyage fascinant au cœur de la mythologie, des légendes et de l’histoire du japon.
Plongeons ensemble dans ce Cinquante-troisième article, où nous allons aborder l’étude du Kōki Haishi Jidai – 後期廃止時代, « Abolition tardive », 7ème période de l’Asuka Jidai – 飛鳥時代, de la 2ème ère majeure du Yamato Jidai – 大和時代, « Grande harmonie », troisième ère du Nengō – 年号, « Désignation des ères traditionnelles ».
Nous avons pu explorer précédemment la mythologie Shintō, ainsi que les deux premières ères Nengō, le Jōmon Jidai – 縄文時代, le Yayoi Jidai – 弥生時代. Nous avions également pu explorer la première ère majeure du Yamato Jidai, appelée Kofun Jidai – 古墳時代, tout en ayant précédemment un aperçu de la seconde ère majeure Asuka Jidai. Je vous invite également à consulter l’ensemble des précédents articles afin de mieux vous familiariser avec l’étude de l’ère de ce jour.

Kōki Haishi Jidai – 後期廃止時代, débute au début du règne de Jitō Tennō – 持統天皇, (De 686 à 697), successeur de Tenmu Tennō – 天武天皇, (De 672 à 686).
Cette période couvre de 686 à 701 après J.C pour une durée de 15 ans. Elle suit l’ère Mineure Shuchō Jidai – 朱鳥時代, « L’oiseau rouge », et est suivie par l’ère Mineure Taihō Jidai – 大宝時代, (De 701 à 704).
Kōki Haishi Jidai – 後期廃止時代, signifie littéralement « Abolition tardive», venant de Kōki – 後期 « Tardif ou tardive », faisant référence pour désigner une phase finale ou venant bien plus tard, et de Haishi – 廃止, « Abolition ou cessation », faisant référence à la fin des précédentes réformes ou système gouvernemental, donnant alors le sens « D’abolition ». le terme Kōki, est alors utilisé pour faire une distinction avec une période homonyme Haishi, Shoki Haishi Jidai – 初期廃止時代, (De 654 à 673), utilisant alors le terme Shoki, pour ce dernier voulant dans ce cas dire précoce.
Kōki Haishi Jidai n’est cependant pas une période officielle du Nengō, mais est tout de même nommée occasionnellement Haishi, en fonction des sources. Ainsi, afin d’étudier sommairement cette période inconnue, un nom temporaire fut choisi, pouvant dès lors changer dans le futur, venant modifier les présentes informations.
Cette période débute par le règne officiel du Jitō Tennō – 持統天皇, (De 686 à 697), veuve du précédent empereur, Tenmu Tennō – 天武天皇, (De 672 à 686). Malgré une prise du trône sans heurt apparent, Jitō joue la carte d’impératrice consort le temps qu’un successeur prenne la relève, faisant monter quelque voix de contestation.

Au début de l’ère, Shoki Haishi , la prise du pouvoir par Jitō, fut accueilli comme un soulagement permettant de combler le vide laissé par la disparition de Tenmu, et permettant de gagner du temps ou trouver un successeur digne de ce nom. Une crise politique survint alors du fait de la nomination de la veuve du précédent Tennō au détriment de leur fils le prince Kusakabe – 草壁皇子. En effet ce dernier s’occupera des funérailles de son père et procédera à la construction de sa tombe, mais ne montera pas sur le trône mourant à l’âge de 28 ans en 689, il obtiendra néanmoins à titre posthume, le nom d’ Okanomiyagyou Tennō – 岡宮御宇天皇, « Empereur du palais sur la colline ».
Avant sa mort, Jitō avait fait en sorte de nommé Kusakabe comme prince héritier en 686, menant en 687 à la mort par suicide du prince Ōtsu – 大津皇子, troisième fils de Tenmu et qui aurait fomenté une tentative de rébellion contre l’impératrice, ce dernier ayant eu de nombreux soutiens au sein de la cour impériale.
Le règne de Jitō, visera alors à continuer la centralisation du pouvoir et à renforcer le pouvoir impérial, ainsi en 689 le code Taihō – 大宝律令, sera constitué, et son successeur sera trouvé en la personne de son petit-fils le prince le prince Karu – 軽皇子, fils du prince Kusakabe. Alors âgé de 3 ans.
Le code Taihō sera basé sur le modèle chinois de la dynastie Tang et transcrit aux spécificités locales japonais dont les érudits de la cour transposeront par un travail harassant.
Les rituels Shintō seront également standardisés et de grand sanctuaire tel celui d’Ise – 伊勢神宮, dans la préfecture de Mie – 三重県, prendra une grande importance dans les cérémonies impériales. Le Tennō prenant dès lors une fonction officielle d’intermédiaire entre les Kami et le peuple.
En 691, les nouvelles réformes annulent le système Kuni no Miyatsuko – 国造, « Chefs locaux puissants » et est remplacé par Kokushi – 国司, « Gouverneurs provinciaux », centralisant le pouvoir et assurant un contrôle plus direct sur les provinces et donc de la collecte des taxes et réduisant du même coup l’influence des clans locaux.
En 692, les relations diplomatiques avec la dynastie Tang – 唐, reprennent, renforçant les échangent entre les deux nations et amenant une nouvelle ère d’influence chinoise sur la cour impériale japonais dans en termes de gouvernant qu’en matière de technologie ou religion avec le Bouddhisme.
Jitō fait promulguer la Minkan no Zeisei Kaikaku – 民間の税制改革, « Réforme fiscale des terres privées », en 693, cela afin de financer les dépenses publiques en taxant les terres détenues majoritairement par les grandes familles influentes. Ces derniers s’y opposant farouchement, car risquant de perdre une grande partie de leurs revenues et portion de leur territoire.

En 694, la capitale est transférée d’Asuka – 飛鳥京 vers Fujiwara – 藤原京, cela afin d’apporter une sophistication inspirée par la capitale chinoise, marquant du même coup une volonté d’affirmer l’autorité impériale et de sa modernisation. Malheureusement un an plus tard, un incendie majeur détruisant une grande partit des bâtiments, forçant une reconsidération drastique des normes de sécurité. Ainsi une reconstruction rapide sera ordonnée montrant également la capacité de résilience de la cour.
Les tensions sociales ne cessent de s’accroître et en 696, Jitō mettra en place le Nōchi Kaikaku – 農地改革, « Réforme agraire », permettant une redistribution des terres aux petits agriculteurs, affaiblissant de nouveau l’influence des grandes familles aristocratiques. Cela sera sa dernière réforme en tant que Tennō, car en 697, elle abdiquera et fera monter sur le trône sur petit fils connu alors sous le nom de Monmu Tennō – 文武天皇, « De 697 à 707 », se dernier continuant de consolider la puissance de la cour.
S’en suivra, en 698, la réforme Kan I Seido no Kyōka – 冠位制度の強化, « Renforcement du système des rangs de cour », amenant une structure rigide des aristocrates prônant un système de mérite et d’ancienneté, les postes clés étant attribué à des personnes qualifiées plutôt que par simple héritage. Un an plus tard, marque le début de relation diplomatique avec le royaume de Balhae – 渤海, situé dans l’actuelle Corée et Mandchourie, permettant des échanges économiques et renforçant la présence du japon sur le continent asiatique.
Ainsi l’ère Kōki Haishi Jidai, vint à son terme après la promulgation officielle du Taihō Ritsuryō – 大宝律令, « Code Taihō », en 700 puis de sa mise en vigueur en 701. Ce code régissant tous les aspects de la vie sociale et politique sur les provinces de la cour, renforçant le pouvoir impérial et amenant une bureaucratie centralisée et apportant une stabilité durant le règne de Monmu.

Ainsi se termine le cinquante-troisième article qui apporte une présentation sommaire de l’ère non officielle Kōki Haishi Jidai – 初期廃止時代, septième ère Mineure de l’ère Majeure Asuka.
Cette période sans nom officielle fut le théâtre de la passation du pouvoir de Tenmu vers Jitō puis menant au règne de Monmu. Des relations diplomatiques avec les puissances du continent comme la chine ou le royaume de Balhae amènent de nouvelle richesse tant économique qu’intellectuelle, permettant une modernisation de la gestion institutionnelle du japon et un renforcement du pouvoir impérial. Ces choix de gestion permettant alors d’apporter une stabilité du pouvoir de la cour et un affaiblissement de certaines des Gōzoku – 豪族, « Grande famille » contestataire au pouvoir profitant aux fidèles de la cour.
Dans les prochains articles, nous explorerons ensemble la période Mineure Hakuhō ainsi que de l’histoire des nombreux Tennō ayant régné durant cette période, dans l’optique d’apporter toujours plus d’information sur l’histoire fascinante du pays du soleil levant. Merci pour votre attention et prenez soin de vous, Mata Ne – またね.
Source :
- Kojiki – 古事記;
- Nihon shoki – 日本書紀;
- Wikipedia (FR, ENG, DE et JP);
- Histoire Japon – Percée;
- Nouvelle histoire du Japon – Pierre-François Souyri;
- Le shinto, la source de l’esprit japonais – Emiko KIEFFER;
- Shinto, Sagesse et Pratique – Motohisa YAMAKAGE;
- Japanese History, 11 experts reflect on the past – Bilingual books
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